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  • Quel est le vrai rôle des bagues de cigares ?

    Cigar rings art portrait of Jack Nicholson smoking a cigar, by artist Alex Gashunin

    Collage de bagues de cigares de Jack Nicholson par l’artiste américain Alex Gashunin

    Une question d’hygiène et de style ?

    L’invention de la bague de cigare est souvent, à tort, attribuée à l’impératrice de Russie, Catherine la Grande. Revenons au XVIIIᵉ siècle : on raconte que l’impératrice voulait éviter que ses mains ne sentent le tabac, et aurait commencé à entourer chaque cigare d’un ruban de soie.
    Mais difficile d’affirmer que l’hygiène et les odeurs étaient une préoccupation majeure à cette époque.
    D’autant que rien ne prouve vraiment que Catherine la Grande fumait des cigares.

    Une autre origine, également débattue, remonte à la fin du XIXᵉ siècle en Angleterre.
    Lassés de voir leurs gants blancs se tacher de brun, les aristocrates auraient commencé à utiliser des bagues.
    Mais les fabriques cubaines ont-elles vraiment adopté les bagues pour éviter ce faux pas vestimentaire ? Pas si sûr…

    Un moyen de lutter contre la contrefaçon ?

    La meilleure explication de l’apparition des bagues dans les fabriques cubaines concerne en réalité une question de marque.
    Au XIXᵉ siècle, l’Allemagne était le premier fournisseur mondial de cigares. Mais déjà à l’époque, les cigares cubains étaient considérés comme les meilleurs… et coûtaient jusqu’à 15 fois plus cher que les cigares allemands d’entrée de gamme.

    Cette différence de prix a rapidement donné lieu à des fraudes : certains fabricants allemands faisaient passer leurs cigares pour des cubains.

    Cette pratique était si répandue que le propriétaire de la marque Cabañas à Cuba — une marque qui a duré jusqu’au milieu du XXᵉ siècle — affirmait : « pour chaque cigare cubain expédié en Europe, six faux y sont vendus ».

    Ironiquement, c’est un Allemand qui aurait inventé la bague de cigare pour lutter contre les faux cubains vendus… en Allemagne, selon l’historien du cigare Tony Hyman.

    Gustave Bock, un immigrant allemand installé à Cuba et propriétaire d’une fabrique, souhaitait protéger sa marque.
    En 1830, il a commencé à placer une bague en papier portant sa signature sur chacun de ses cigares destinés à l’export.
    Ainsi, les fumeurs pouvaient être certains de fumer un produit authentique.
    Dès 1855, presque toutes les marques cubaines avaient adopté la bague.
    Les bagues étaient enregistrées auprès des autorités, et la publicité recommandait d’acheter uniquement des cigares avec bague.

    Malheureusement, la contrefaçon existe toujours aujourd’hui, et les bagues de cigare jouent encore ce rôle de protection.
    Par exemple, la marque Padron appose une seconde bague numérotée sous la principale, pour compliquer les copies.
    Cohiba, peut-être la marque cubaine la plus contrefaite, n’a cessé de faire évoluer le design de ses bagues.



    Et parfois, les bagues de cigare servent aussi à l’art !

    L’artiste américain Alex Gashunin s’est spécialisé dans les œuvres réalisées à partir de bagues de cigare. Un travail à découvrir !
    Ses œuvres sont en vente sur Saatchi Art.

    Inspired by cigar bands: The FEU RS